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Faire auditer mon planning
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Le Cahier d’heures, le magazine de Tourniere

Une semaine de conduite dans une auto ecole de canton, heure par heure

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  • Publie le
  • Mis a jour le
  • 10 minutes de lecture
  • Par Jimenez Julien

Trois enseignants, trois vehicules, quatre communes et vingt deux kilometres entre les deux eleves les plus eloignes. Voici le recit complet d'une semaine ordinaire, du premier appel du lundi matin a la permutation du vendredi soir, avec le detail de chaque arbitrage et de ce qu'il a coute ou fait gagner.

Vue depuis la banquette arriere d'une voiture ecole sur une route departementale bordee de champs, eleve au volant et enseignant a droite.

Ce récit n’invente rien, il condense ce que vous vivez déjà quand vous assurez la prise en charge à domicile sur plusieurs communes. Trois enseignants de la conduite, un parc mixte boîte manuelle et boîte automatique, des lycéens et des salariés, et des kilomètres à vide qui grignotent la marge.

Nous avons suivi, heure par heure, une semaine de canton avec un moteur d’insertion géographique qui ne propose que des créneaux au détour acceptable. À chaque appel, la liste arrive classée par minutes perdues et par euros, pour construire un planning qui s’imbrique sans rouler pour rien.

Lundi: la demande qui arrive au pire moment

Un terminale qui ne se libère que le mercredi après midi

Neuf heures tapantes, l’appel tombe en pleine leçon. Un terminale ne peut rouler que le mercredi, entre 15 h 30 et 18 h, prise en charge devant le lycée, dépose à son domicile. D’ordinaire, on répond de mémoire et on cale ça au milieu de l’après midi. Problème, personne ne sait encore où s’achèvera la leçon précédente, ni où commencera la suivante. C’est là que naît le kilomètre à vide.

Le moteur d’insertion évalue toute la semaine au regard de la contrainte de détour. Il ne retient que les cases compatibles: bonne boîte, bon véhicule, pause respectée, heure de retour à l’agence possible. Surtout, il mesure le détour réel à partir des adresses de prise en charge et de dépôt géocodées, pas à la louche. Trois créneaux ressortent, classés par minutes perdues et euros estimés.

Les trois créneaux proposés au lieu d’un seul

Sans l’outil, le gérant aurait proposé 16 h 00. Départ d’un bourg A, récupération devant le lycée, dépose au domicile dans le bourg B, puis sprint vers le point de rendez vous de 17 h 30 à l’opposé. Bilan prévisible, un aller puis un retour à vide, de l’ordre de 30 minutes volées à la journée. La liste du moteur propose au contraire 15 h 40, 16 h 20 ou 17 h 10, avec le coût affiché à côté. Le 17 h 10 est retenu: 9 minutes de détour seulement, car la leçon précédente se finira à proximité du lycée et la suivante démarrera à deux rues du domicile.

Écart réel entre l’intuition et le choix outillé: environ 20 minutes et quelques euros de carburant économisés, de quoi rapprocher la fin de journée et éviter le retard sur la prise en charge suivante. Au passage, l’élève reçoit une proposition claire et argumentée, vous ne bricolez pas en rappelant trois fois.

Mardi: la salariée qui n’a que sa pause méridienne

Prise en charge sur le parking de l’employeur

Douze heures quinze, aide soignante en poste, créneau sec de 60 minutes. Prise en charge sur le parking de l’établissement, badge à présenter au vigile, boîte manuelle imposée. Ce type de demande est réputé impraticable si on ignore l’adresse d’arrivée, car la pause ne souffre aucun dépassement. Le moteur ne retient que les alternatives où l’enseignant arrive entre 12 h 10 et 12 h 15, et où la voiture école peut revenir dans le périmètre de l’agence avant la reprise de 14 h.

Dépose ailleurs qu’au point de départ

L’élève veut être déposée à son domicile à 13 h 15, pour repartir ensuite à pied. Deux adresses distinctes dans la même leçon, c’est précisément l’information qui change tout. En liant ce dépôt avec la prise en charge suivante, située à 1,8 km sur l’axe du retour, on tient un enchaînement propre. Le créneau proposé affiche 6 minutes de détour, soit beaucoup moins que si l’on devait repartir du parking de l’employeur.

  • Type de boîte et véhicule conformes au dossier élève.
  • Seuil de détour acceptable paramétré pour la commune, refus automatique hors zone.
  • Heure de retour à l’agence respectée pour la coupure réglementaire.

Sans connaître les deux points, la leçon n’aurait pas été plaçable sans mordre sur le début d’après midi. Là, la minute à vide est contenue et la leçon suivante démarre à l’heure. Si ces arbitrages vous parlent, voyez construire le planning de la semaine quand vous allez chercher vos élèves.

Mercredi: un seul véhicule à boîte automatique

Deux élèves boîte automatique dans deux vallées opposées

Le parc ne compte qu’une seule boîte automatique sous agrément préfectoral, dispo l’après midi. Deux élèves demandent le même créneau, 16 h 00 à 17 h 00, l’un dans la vallée nord, l’autre au sud. C’est la combinaison la plus piégeuse: la tentation est de promettre les deux en espaçant, puis d’avaler un double aller retour à vide entre vallées.

Le moteur d’insertion bloque immédiatement toute proposition qui dépasse le seuil de détour paramétré sur ces communes rurales, de l’ordre d’un quart d’heure en semaine. Il sort alors deux pistes: maintenir 16 h 00 en vallée nord et proposer 17 h 10 en vallée sud, ou l’inverse. Les coûts affichés rendent l’arbitrage lisible.

L’arbitrage qui évite le double aller retour

L’élève vallée sud accepte 17 h 10. Résultat: fin de la première leçon près d’une départementale qui file vers le sud, quelques minutes de transit utile pour rejoindre le point de rendez vous, zéro repli à l’agence, et pas de trajet croisé. Le détour à vide évité se chiffre à environ 30 à 35 minutes par rapport à une organisation sans visibilité sur les adresses.

Cela se voit tout de suite dans la vue « journée »: temps à vide ramené au minimum pour la voiture école automatique, cumul hebdomadaire maîtrisé. Pour approfondir les pièges classiques, lisez six erreurs de placement de créneau qui font rouler vos voitures à vide.

Jeudi: la leçon de deux heures sur voie rapide

Une sortie imposée par la progression, une destination imposée par la géographie

La progression de formation impose une conduite dans des conditions variées dont la voie rapide, telle que prévue par le référentiel pour l’éducation à une mobilité citoyenne. Dans une zone de bocage, l’entrée de la 2x2 voies la plus proche est à bonne distance. Le créneau de deux heures est donc fixé avec un aller et un retour orientés, prise en charge à domicile, dépose au domicile.

Le moteur propose des départs où l’enseignant quitte l’agence à une heure qui ménage le transit jusqu’à la bretelle, en respectant la pause. Les options affichent les minutes de détour selon le point de rendez vous initial: démarrer chez l’élève A évite un crochet de hameau, démarrer chez l’élève B rallonge inutilement. Le choix se fait en un coup d’œil chiffré.

Le chaînage avec l’élève suivant

Au retour de voie rapide, impossible de finir à l’est et d’enchaîner par une prise en charge à l’ouest sans avaler des kilomètres à vide. Parmi les élèves disponibles en fin de créneau, le moteur ne propose que ceux qui habitent sur l’axe du retour. L’enseignant confirme un élève situé à cinq minutes du domicile de dépôt, pour une transition fluide.

Vendredi: une place d’examen se libère

Réorganiser trois créneaux en une demi heure

Fin de semaine, les services de l’État appellent: une place d’examen se libère lundi matin, méthode nationale d’attribution des places d’examen du permis de conduire appliquée dans le département. Le candidat ciblé doit encore boucler deux heures. Il faut caser ces deux heures sans bousculer les lycéens et sans reculer la fermeture d’agence.

Le gérant ouvre la demande. En trente minutes, trois créneaux sont repris en cascade: un mercredi après 17 h, un samedi matin, et un vendredi 18 h transformé en 18 h 15 avec un point de rendez vous déplacé de trois rues. Le moteur n’affiche que des propositions sous le seuil de détour acceptable, et signale là où un supplément kilométrique serait à proposer. L’élève prioritaire est servi, personne n’est déplacé à l’autre bout du canton.

La permutation entre deux enseignants, sans déplacer aucun élève

Reste un conflit de fin d’après midi entre deux enseignants de la conduite. Le mode « permutation sans déplacement d’élève » suggère d’échanger les volants sur un binôme de leçons consécutives, car chaque enseignant se retrouvera plus près du point de rendez vous suivant. Un clic, et les notifications partent avec le nouveau point de rendez vous aux deux élèves concernés.

Le tout cadre avec la méthode nationale d’attribution gérée par l’administration, que vous pouvez retrouver sur le site du ministère de l’Intérieur: ministère de l’Intérieur. Concrètement, vous assurez ces deux dernières heures dans les temps, sans dégrader le reste du planning.

Le bilan de la semaine, en minutes et en euros

Ce qui suit ne vaut que pour cette semaine type, mais l’ordre de grandeur parle. En additionnant les détours évités sur chaque journée, on libère suffisamment de temps pour glisser une leçon de plus, parfois deux selon les communes.

Jour Minutes à vide évitées Heures productives récupérées Économie carburant, ordre de grandeur Leçon supplémentaire placée
Lundi 20 0,3 quelques euros non
Mardi 10 0,2 quelques euros non
Mercredi 35 0,5 plusieurs euros oui
Jeudi 28 0,4 quelques euros non
Vendredi 30 0,5 plusieurs euros oui

Total, de l’ordre de 2 h à 2 h 30 d’heures productives récupérées, et une à deux leçons supplémentaires vendues sur des créneaux libérés. La vue « journée » par enseignant et par véhicule matérialise ce temps à vide avant et après, et le tableau de bord mensuel consolide un taux d’heures productives et un coût kilométrique par leçon exportable pour l’expert comptable. Pour détailler vos coûts, voyez ce que coûte vraiment une heure roulée à vide, poste par poste.

En pratique, ce que vous emportez

Une semaine posée de cette façon n’élimine pas les imprévus, mais elle transforme la manière de dire oui ou non à un créneau. Chaque proposition tient compte du domicile et du point de dépôt, du type de boîte, du véhicule et du détour acceptable que vous avez fixé par commune et par période.

À l’arrivée, moins de kilomètres à vide, plus d’heures productives, et des arbitrages assumés parce qu’ils sont chiffrés. Si vous souhaitez appliquer ce fonctionnement à votre parc, regardez les formules d’abonnement de Tourniere pour votre parc et testez cette construction créneau après créneau, sans réoptimisation subie.

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Voir ce que votre semaine passee a coute en kilometres a vide

Envoyez le planning de votre semaine passee, un tableur, un export ou une photo du cahier. Nous vous renvoyons une page chiffree avec les kilometres roules a vide, le carburant correspondant, les heures d’enseignant immobilisees et les creneaux qui auraient pu etre places autrement. La demonstration se fait sur vos propres communes.

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Portrait de Jimenez Julien, editeur de Tourniere

Auteur de cet article

Jimenez Julien

Il a passe trois mois a relever a la main les plannings de sept auto ecoles rurales, chronometre en poche, avant d’ecrire la premiere ligne de Tourniere. Il edite Le Cahier d’heures pour rendre aux gerants ce qu’il a appris sur le terrain, en minutes de trajet et en euros de carburant.

Le parcours complet de Jimenez Julien et de l’editeur MLJ

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